Je suis tombé (mal) hier sur un article absolument ridicule à propos de la connexion entre Gram Parsons et moult conspirations remontant à la famille royale britannique au XVIeme… L’article (en anglais) était proprement indéchiffrable et grouillait d’incohérences absurdes, c’est pourquoi je me suis décidé à rendre mon petit hommage à cet homme qui demeure parmi les musicien les plus influents du siècle passé et qui ne mérite pas l’oubli dans lequel il tombe petit à petit.
Né en 1946 dans une famille aisée, Ingram Cecil Connor de son vrai nom, connais une enfance quelque peu troublée. En effet, ses parents sont tout les deux largement alcooliques et son père se suicide alors qu’il n’a que 13 ans. Sa mère se remariera ensuite avec un certain Parsons mais mourra quelques année plus tard d’alcoolisme.
Gram se rend à Harvard pour étudier, mais passe visiblement le plus clair de son temps à essayer de former un groupe afin de percer dans la scène folk de Cambridge, mais il arrive un an trop tard, Dylan et Baez sont déjà partis. De toute façon, le folk n’est pas fait pour lui et lorsqu’il forme en 68 l’International Submarine Band, le jeune Gram l’a déjà bien compris et concocte dès lors une dizaine de morceau de bravoure pour l’unique enregistrement du groupe.
“Cosmic American Music”… la country et le rock n’auront jamais su s’entendre aussi bien que dans la music de Gram Parsons. D’ailleurs lorsqu’il rejoint les Byrds en 69 pour l’excellentissime album “Sweetheart of the Rodeo” son influence est plus que perceptible. En effet, ce côté Country-Bluegrass auquel Chris Hillman était très attaché n’aura jamais été aussi vivant que sur ce disque. On retiendra le sublime Hickory Wind et ce morceau dont je ne me lasse pas et qui reste mon préféré sur “Sweetheart” : One Hundred Years from Now.
Après les Byrds, il formera avec Chris Hillman les Flying Burrito Brothers en 1969 et continuera son alchimie tout en lui donnant un niveau de plus, niveau qui ateindra son apogée avec ses deux albums solos : GP en 1973 et Grievous Angel (1974, posthume) tout deux sublimés par la voix d’Emmylou Harris.
Entre temps, il aura vécu quelques mois à Nellcote avec les Stones et notamment Keith Richards qui deviendra son ami intime. Et c’est d’ailleurs lui qui écrira avec les Stones le fantastique Wild Horses pour lequel il ne sera évidemment pas crédité… Jagger lui accordant toutefois le droit de l’enregistrer sur un album des Flying Burrito Bros qui sortira avant Sticky Fingers… Maigre consolation si je puis me permettre mais bon de la part de Jagger, on n’est pas loin de l’exploit…
Gram Parsons est mort à Joshua Tree, un endroit qu’il adorait, dans une chambre d’hotel le 19 septembre 1973 d’une overdose d’héroine et d’alcool. A 26 ans il laisse un héritage musical énorme, « cosmic » et pourtant inachevé… Tragique.
(Cet article est le premier d’une série sur Gram Parsons et les Byrds qui devrait être publié petit à petit sur le blog)
